La réalité de la vie de consultant

Aujourd’hui j’aimerais partager avec vous ma réalité. En partageant ce que je vis actuellement, je veux faire la lumière sur une facette de la consultation dont on entend peu parler: l’intermandat.

Perception du consultant

Qu’on se le dise, lorsque l’on arrive en mandat chez des clients, les employés de l’entreprise nous perçoivent souvent comme des privilégiés, des gens qui font le même métier qu’eux, mais qui gagnent beaucoup plus. Ces gens oublient souvent qu’à tout moment notre client peut décider d’arrêter notre contrat (et ça arrive souvent) et qu’à la fin d’un contrat on ne sait jamais combien de temps ça pourra nous prendre pour nous retrouver un autre mandat.

Réalité de la consultation

La vraie et la fausse consultation

Tout d’abord, je dois dire qu’il y a, à mon avis, la vraie et la fausse consultation. Pour moi un consultant est engagé pour un mandat, il reste pour le remplir et il quitte. La réalité que je dépeints donc ici est la réalité du consultant qui passe d’un mandat à l’autre et qui a à vivre avec le risque de ne pas se retrouver de mandat.

J’entend déjà des gens me dirent qu’eux ils sont chez leur client depuis plusieurs années et qu’ils se considèrent comme consultant … Et bien à ceux-ci je réponds : vous avez le droit de vous considérer comme tel. Par contre, à mes yeux, vous ne vivez pas tout le stress et le risque qui vient après chaque mandat.

Mon histoire

En avril dernier, j’ai décidé de ne pas renouveler un nouveau mandat chez mon client. Le rôle qu’on me demandait de jouer (analyste et chargée de projet) ne me convenait pas. Pour l’avoir vécu dans les six derniers mois, je savais que ce qui m’était demandé faisait en sorte que je ne pouvais arriver à faire mon rôle d’analyste correctement. La grosseur de la tâche était trop importante. Contrairement aux employés qui se plaignaient de la même situation, moi j’avais la possibilité de tout simplement de ne pas renouveler et de me sortir de cette situation. Comme j’étais partie à mon compte pour justement cesser de faire du travail que je n’aimais pas et bien j’ai donc suivi mes valeurs et décidé de ne pas renouveler mon mandat. C’est donc en avril que mon intermandat débuta.

Il faut savoir que dès le mois mars j’avais commencé des démarches pour trouver un autre mandat. Et j’étais certaine de retrouver un mandat rapidement, car un ancien client disait vouloir me ravoir. Mais après quelques semaines les mauvaises nouvelles arrivaient : tournant vers la permanence chez mon ancien client (et chez bien d’autres compagnies !), clause de non-concurrence m’empêchant de travailler chez une filiale de mon dernier client (ça ce sera le sujet d’une autre chronique, … bref, ça n’allait pas bien.

Et bien aujourd’hui nous arrivons à la fin juillet et je n’ai toujours rien. Pourtant, sans prétention aucune, je pense avoir un CV pas trop mal. Qu’est-ce qui s’est passé? Peu de mandat dans mes champs d’expertise et de mon niveau d’expérience, tout simplement.

Conséquence de l’intermandat

Est-ce que c’est déprimant de l’intermandat? Après un certain temps, Oui.

Jusqu’à ces derniers mois, à chaque fois que je décrochais une entrevue, j’obtenais un mandat. Depuis 2008, je n’étais pas restée sans mandat plus de 4 semaines. Je ne peux pas parler pour vous, mais pour ma part, ces refus (c.-à-d. refus de ne pas retenir mon CV pour une entrevue ou entrevue non concluante) ont eu pour conséquence de miner ma confiance en moi. Il y a eu de ces journées que j’ai remis grandement en question mon parcours de carrière et le fait que j’étais trop généraliste. Depuis quelques mois, je vis les montagnes russes de la recherche de mandat. Le téléphone qui sonne et le mandat semble dans la poche … et sans s’en douter, l’opportunité tombe à l’eau (client n’a plus le budget, client a pris quelqu’un à l’interne, la firme ne retourne plus les appels, …). On en arrive à ne plus y croire lorsqu’on nous présente une opportunité.

Encore une fois, le gazon semble toujours plus vert dans la cour de voisins n’est-ce pas? En effet, aux yeux de certains vous paraîtrez dont chanceux de pouvoir resté à la maison et prendre des vacances l’été. Ceux-ci ne comprennent pas que c’est bien au début, mais que rapidement, l’incertitude nous amène à miner notre confiance en nous et qu’on en vient à se dévaloriser. Je ne sais pas pour vous, mais pour bien me sentir, je dois gagner ma vie.

Passez au travers de l’intermandat

Conseil No 1: l’argent!

Jusqu’à présent je ne vous ai pas parlé de la première chose qui nous vient souvent en tête lorsque l’on pense à l’intermandat : l’argent ! Et bien, ce qui rend mon expérience un peu moins pire c’est certainement le fait que j’ai toujours pris l’habitude de garder un peu de mes revenus dans un fond d’urgence en cas d’intermandat. Si ce n’avait pas été de ce fond, j’aurais dû retourner comme employé permanent et abandonné mon rêve d’entreprenariat pour un certain temps.

Conseil No 2: Finit le salaire

J’ai hésité à vous donner ce conseil, mais je vous le donne tout de même. Avant de le faire par contre, veuillez vous assurer de discuter avec votre comptable.
Si vous vous versez un salaire comme moi, vous savez que chaque mois vous devez verser un montant considérable pour les retenus à la source. Après un mois en intermandat et une discussion avec mon comptable, j’ai décidé de cesser de me verser un salaire. Pas de contrat, pas de salaire !! Ainsi, depuis mai, je me verse un dividende lorsque j’ai besoin d’argent.

En prenant cette décision, mon fond d’urgence pour intermandat pouvait soudainement me permettre de survir plus longtemps.

Conseil No 3: Priorités

Il est important de comprendre que la priorité no 1 de votre intermandat est la recherche de votre prochain mandat. Mais une fois ceci effectué, il est important de se fixer des objectifs et des priorités. Vous ne voudriez pas vous retrouver après 6 mois d’intermandat et aucune évolution professionnelle. Le côté positif de l’intermandat est certainement l’opportunité qu’il nous offre pour parfaire des connaissances.

Voici ce que je personnellement j’ai réalisé :
– Transférer mon site statique vers la plateforme WordPress et intégration d’un blogue;
– Formation sur des expertises que je veux développer :
o en SEO (search engine optimization);
o Formation Adwords;

Je peux par contre vous dire que, pour ma part, je trouve difficile de garder le focus. Un vieux dicton dit qu’à vouloir trop faire de choses, on ne fait rien. Et bien c’est un peu ce que j’ai l’impression qui se passe parfois. Alors ne faite pas comme moi : focuser !! Mettez vos priorités et réalisés vos projets d’intermandats.

Réalité de la consultation – Conclusion

Est-ce que je regrette mon choix de consultante : non. Par contre, je sais maintenant l’importance de garder ce fond de secours.

Mi-Juillet, j’espère vous écrire bientôt pour vous dire que mon intermandat est terminé. Ces derniers mois m’auront beaucoup appris. J’espère que mon expérience vous servira.

4 Réponses to “La réalité de la vie de consultant”

  1. Carl Rioux Dit:

    Effectivement, les consultants avec un profil généraliste sont plus “difficile à vendre” depuis quelques mois. Malgré des feuilles de route impressionnante, peu d’entre-eux réussissent à aller en entrevue.

  2. Guy Tétreault Dit:

    Vous avez bien résumé ce que je vis. Tout comme vous je me considère comme un généraliste d’expérience. Toutefois, le contexte actuel fait que la demande est orienté web. En inter-mandat, j’en profite pour étudier le guide PMBOOK et établir des partenariats. Bon courage et prospérité,

  3. Daniel Lepage Dit:

    Bonjour Nancy,

    Je passe parfois lire tes trucs que je trouve pas mal intéressants. Je suis tombé par hasard sur ton blog et depuis je t’ai ajouté dans mes feed rss.

    Le fond d’urgence est souvent utilisé… l’été. Et oui, tout le monde est en vacances. Un responsable est en vacance, ensuite le responsable du responsable tombe en vacance… et ainsi de suite. De plus, les priorités s’assouplissent durant l’été. Et puis rapidement arrive août, et surtout septembre et là les téléphones fusent de tout part.

    Passe de belles vacances “forcés” et bon courage !

    Daniel (ancien Stratus… et consultant aussi, et en semi-congé forcé ! 🙂

  4. Annie Thibodeau Dit:

    En effet, l’intermandat fait aussi partie de la vie de consultant. Il est vrai que l’été, les nouveaux mandats sont au ralenti… Mais il ne faut pas se décourager! L’an dernier, le mois d’août fut l’un des plus fructueux en terme d’affichage d’offres de mandats en TI sur le site de l’AQIII. Les compagnies se préparent pour les projets qui démarrent avec la nouvelle saison.

    Une statistique inédite pour vous… 33% des répondants au sondage annuel de l’AQIII ont eu un intermandat de plus de 4 semaines l’an dernier (qui fut une année difficile pour les consultants).

    « Pour la période du 1er juin 208 au 1er juin 2009, combien de temps avez-vous été sans mandat de manière non volontaire (en excluant les périodes de maladie et les vacances prévues) ?
    Choix de réponse Pourcentage
    Jamais 55 %
    Moins de 4 semaines 13 %
    Entre 4 et 9 semaines 15 %
    Entre 10 et 15 semaines 7 %
    Entre 16 et 20 semaines 4 %
    Plus de 20 semaines 7 % »

    Bon courage et bonne recherche!

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