Réaction suite à l’article sur CGI et ses 40 heures

La semaine dernière je réagissais à la nouvelle voulant que CGI augmente à 40h sa semaine de travail et ce sans rémunérer les heures additionnelles travaillées. J’ai pensé partager avec vous un courriel intéressant que j’ai reçu et qui se veut un autre regard sur la problématique vécue par CGI. Cette opinion est celle de Éric Le Goff, président de la compagnie Solutions Abilis. Bonne lecture et n’hésitez pas à laissez vos commentaires sur le site.

” Récemment, La Presse a fait état d’une grande entreprise de conseil en informatique ayant choisi de prolonger la semaine de travail de ses employés de 2h30 (non rémunéré). L’entreprise en question indiquait que cela lui permettrait d’être plus concurrentielle et que c’était un moyen pour elle de s’adapter aux politiques de ses concurrents.

Voilà donc l’un des plus importants acteurs dans le domaine des technologies de l’information au Québec, bénéficiant depuis de très nombreuses années de subventions généreuses et de contrats publics du gouvernement du Québec qui exprime que face à la compétition internationale il n’avait pas d’autre choix que de réduire ses coûts et par là même les salaires de ses employés, en leur demandant de travailler dorénavant 40 heures par semaine payées 37,5, afin d’améliorer sa productivité.

Ainsi, pour cette entreprise, augmenter le nombre d’heures travaillées permettrait d’améliorer la productivité ? Pas si sûr… Vouloir réduire les coûts de production en réduisant les salaires, c’est confondre l’augmentation de la production avec l’augmentation de la productivité. Allonger le temps de travail n’est pas une solution viable à moyen terme, même si elle permet d’augmenter les profits de l’entreprise à court terme et accessoirement le niveau de mécontentement de ses employés!

La problématique devrait plutôt être posée dans les termes suivants : sachant que le coût d’un ingénieur indien localisé à Bangalore est très substantiellement inférieur à celui d’un informaticien montréalais, y a-t-il un avenir pour la production de systèmes informatiques au Québec ou faut-il se résigner à voir ces emplois très spécialisés délocalisés en Inde (ou ailleurs)?

Une des réponses à cette problématique réside justement dans les gains de productivité que nous sommes en mesure d’aller chercher. L’objectif ici est de produire les mêmes systèmes d’informations en utilisant MOINS de ressources. Il faut s’organiser de manière à ce qu’une équipe montréalaise d’une quinzaine de personnes soit plus efficace, plus productive et plus rapide qu’une équipe de 50 personnes basée à Bangalore.

Comment? En mettant l’emphase sur la flexibilité de la solution proposée, en utilisant d’une manière généralisée les standards, en réutilisant du code et des infrastructures ayant fait leurs preuves pour réduire le nombre de ressources et la quantité d’efforts nécessaires pour livrer un projet informatique.


Les technologies à notre disposition rendent cette approche des plus opérables. Dans ces conditions pourquoi les grandes entreprises de services ne profitent-elles pas de ces approches disponibles et éprouvées? Tout simplement parce que ce n’est pas leur intérêt! Les entreprises de service ont l’habitude de facturer leur travail à l’heure. Réaliser un projet avec moins de ressources a pour conséquence une baisse directe et proportionnelle de leur chiffre d’affaires ! Ce sacro-saint paradigme est révolu et nous devons penser davantage en fonction de la nouvelle réalité technologique et économique.

Cessons de jouer à l’autruche en matière de productivité !

La solution ? La facturation à la tâche ou au forfait. Il faut passer d’un engagement de moyens (facturation à l’usage) vers un engagement de résultats. C’est la seule manière pour valoriser les gains de productivité et la valeur ajoutée produite par les équipes de livraison. C’est à cette condition qu’il sera possible de sauvegarder des emplois au Québec et d’y produire des solutions de qualité à un coût compétitif, y compris vis-à-vis des producteurs outre-mer.

En définitive la délocalisation outre-mer de nos emplois informatiques n’est pas une fatalité, et il n’est pas non plus nécessaire de demander à nos employés de travailler plus ou de réduire leurs salaires à partir du moment où nous misons sur l’innovation, la recherche de valeur ajoutée et si nous adoptons une organisation du travail permettant de privilégier l’efficacité et la productivité de nos équipes locales.


Cette approche nécessite un changement de mentalité et d’organisation tant chez les fournisseurs que chez les clients. L’autruche doit relever la tête pour voir tout le potentiel que peut nous apporter un nouveau modèle d’organisation de livraison et de facturation du travail.

Toutefois, cette remise en cause pourtant nécessaire et souhaitable est parfois plus difficile à faire que de choisir de réduire les salaires de ses employés ou d’impartir un projet en Inde.

6 Réponses to “Réaction suite à l’article sur CGI et ses 40 heures”

  1. Bruno Martin Dit:

    Enfin quelqu’un qui me comprend et comprend le gros bon sens. On se part tu une firme de consultant pour leur faire concurrence à ces WALL-MART du Québec et à ces indiens qui ne font pas de la qualité ????

  2. Anonyme Dit:

    Amen!

    Le choix d’un chef d’entreprise d’augmenter les heures de travail des employés contre leur gré et de penser que ceux-ci les travailleront avec force enthousiame et gratitude… C’est à se demander à quoi ils pensent.

    Le plus frustrant c’est qu’on a rien à dire. C’est comme ça, les boss décident, et on se la ferme. Pas de négo, pas de dialogue, pas d’échange. Une annonce par courriel (quel courage). Venant d’une entreprise qui sort d’une période de crise historique en faisant de faramineux profits, vous prendriez ça comment? C’est une insulte. À tous et chacuns des employés de CGI qui se bottent le cul chaque jour pour un salaire à peine décent, c’est une insulte.

    L’informatique c’est pas un job facile, et à 40 heures, surveillez ceux qui vont tomber au combat. Ceux qui donnent leur 100%, c’est eux qui sont le plus à risque de tomber en dépression. Je serais curieux de voir, au tournant de cette décision, comment les chiffres vont grimper. Parce qu’ils vont grimper, c’est certain.

    La morale? Impliquez vous le moins possible dans votre travail. De toute façon, la seule gratitude que vous recevrez, c’est une réduction salariale de 7%. C’est comme ça qu’on traite les employés chez CGI.

    – Un autre employé de CGI à qui on a pas demandé son opinion.

  3. Ti-Jo chez CGI Dit:

    Bonjour,

    Très intéressant de voir les différents points de vues. Inutile de mentionner que de simplement véhiculer ces commentaires (non constructif) pourrait nuire à celui qui les formules.

    Par où commencer!!!

    Un étranger travaillant 12 heures dans une journée n’arrivera pas nécessairement à fournir la qualité du travailleur local Montréalais dans 1 journée normale et non compressée. Quel effort fournissez-vous après 3-4 meeting ou 8h devant un écran??? Avez-vous pensé au temps perdu en appel-conférence à discuter avec ces étrangers? À quel heure arrivez-vous au travail le lendemain d’une mise en production qui s’est terminée à 10-11PM? au coût de déplacement vers ces pays lointain? J’avais oublié que nous étions à l’ère de l’accomodement raisonnable… Sans préjudice pour personnes.

    Le taux de congé maladie va surement augmenter et de ce fait coûter encore plus cher à l’entreprise qui va compresser encore plus et perdre de plus en plus d’employé dû à la détérioration des conditions de travail.

    Transparence!!! Transparence de quoi?? Nous sommes actionnaires et proprriétaires. Qui a voté cette décision? Au moins, ayez le bon sens de nous dire que nous sommes seulement de simple employés.

    En conclusion,

    PRO
    – Apparence de compétivité envers la clientèle de CGI.
    – Profit à court terme.
    – POSSIBILITÉ?? de faux bonus payer à même les heures surfacturées.

    CONS
    – Plus de congés maladie.
    – Plus de départ.
    – Plus de mécontentement.

    Je vais reprendre cette discussion soulegeante un peu plus tard car je vais perdre de ma productivité et devrai quitter plus tard. Mon enfant prit en otage à la garderie!!! je veux dire que je devrai payer un supplément de retard. En autant que CGI fasse de bon profit! Le reste on s’en fou un peu si vous voyez ce que je veux dire 😉

  4. Employé de CGI Dit:

    Savez-vous ce qui arrive quand on coupe les coins ronds? quand on pousse trop la machine a fond on se trouve a rappeler des millions de vehicules qui ont été négligé!!! est-ce que CGI serait en train de commettre un toyota?? je pensais que la qualité et que sa reputation etait plus importante que la production de masse… Qu’en pensez-vous?

  5. admin Dit:

    Je crois que cette problématique n’existe pas que chez CGI. Malheureusement à beaucoup d’endroit on nous donne un échéancier (la fameuse date !!!) et on détermine ensuite tout ce qui devra être fait. La solution miracle: on va ajouter des ressources !!! Comme si c’était toujours un gage de succès !!! J’aurai beau apporter tout le support voulu à une femme enceinte, ce n’est pas parce qu’on est 10 à la supporter qu’elle va accoucher 10 fois plus vite !!! Mais malheureusement c’est un contexte très fréquent en informatique. Avec le roulement des patrons, personnes n’est jamais responsables d’avoir fait mettre en place des systèmes livrés en catastrophe, mal conçus.

    Pour le reste, je vais me permettre de poser une question à tous ces employés de CGI qui sont insatisfaits: pourquoi vous continuez à travailler pour cette compagnie si vous êtes en désaccord avec la façon dont ils vous traitent??? Sérieusemenet, je serais intéressé à lire votre réponse.

    Ça me ramène au livre ‘Qui a piqué mon fromage’. Pour bien des employés chez CGI, ça fait longtemps qu’il n’y a plus de fromage là. Mais comme une des petites souris dans le livre, ils n’ont pas le courage de quitter. Je ne juge pas de leurs raisons. Je sais que ce n’est pas facile de changer d’emploi mais dites-vous une chose: nous passons tellement de temps au travail, que ça vaut la peine d’y être heureux, non?

    Je sais que de changer d’emploi est insécurisant, surtout lorsque l’on a une famille. Par contre, n’oubliez jamais que le travail à vie n’est pas garantie !!! Même chez CGI !

  6. NO WAY !!! Dit:

    Voici la bullshit que CGI nous a servit pour nous aider à avaler cette merde:

    “Ce changement nous permettra de renforcer notre position à l’échelle mondiale et
    d’être plus concurrentiels sur le marché local, entre autres, en étant mieux arrimés aux
    conditions de travail de nos principaux compétiteurs.
    En matière de compétitivité des organisations, l’augmentation des heures de travail
    est une tendance émergente. Actuellement moins perceptible à Québec, les grandes
    entreprises et nos compétiteurs mondiaux ont déjà adopté une telle stratégie.
    L’augmentation des heures est une mesure structurante à long terme. Elle permet
    d’augmenter la compétitivité de nos propositions et fournit un potentiel
    d’augmentation des revenus qui permettront de préserver nos emplois”.

    B-R-A-V-O !!!
    YES !!! On peut garder nos Jobs et nos boss peuvent garder leurs bateaux et leur jet privé !!!

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